Les Bodin’s jouent dans la cour des très grands

La Nouvelle République


20 décembre 2015

La Nouvelle République

Avec leur spectacle “ Grandeur Nature ”, Les Bodin’s ramènent leur basse-cour dans les Zénith de France. Avec cette tournée triomphale, Maria et Christian sont les nouveaux chouchous des médias.


On ne ne les arrête plus. Le duo comique Les Bodin’s est en tournée sur les routes de France depuis septembre avec « Grandeur Nature ». Des prolongations sont prévues jusqu’à fin 2016. Voire 2017.

> Vincent Dubois est né à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). Son père qui travaille à La Poste revient en Touraine. Vincent passe son enfance à Abilly. Il est d’abord ébéniste puis ambulancier. Vincent Dubois fait sa première scène en solo, avec sa guitare, au « Petit Québec », place Plumereau à Tours. C’est là qu’est né le personnage de la Maria, en 1988. Vincent a deux filles de 15 et 21 ans.
> Jean-Christian Fraiscinet est né à Valençay (Indre). En 1989, il entre au conservatoire d’art dramatique de Tours. Il fonde avec Hervé Devolder une compagnie et gère le théâtre Beaumarchais à Amboise. Il a une autre compagnie Caméléon Production et s’occupe du théâtre de Bellevue à Villentrois dans l’Indre. En 1992, il rencontre Vincent Dubois lors d’un festival de théâtre à Villard-de-Lans.
> En 1994, le premier spectacle Les Bodin’s est donné à Manthelan.

Vincent Dubois, alias Maria Bodin : « C’est un spectacle hors du commun. Il n’y a pas d’équivalent dans le milieu de l’humour. Les décors sont énormes. Pour installer la ferme, il faut 60 personnes, une vingtaine d’heures de montage. Les gens, quand ils franchissent la porte des Zénith, ils oublient la salle ; ils se retrouvent dans une ferme. On est même en odorama. C’est du grand spectacle. »
Jean-Christian Fraiscinet, alias Christian Bodin : « Au départ, on avait juste l’envie de fêter les dix ans du spectacle qui se joue chaque été à côté de Descartes et qui affiche complet d’une année sur l’autre. Avec Vincent, on refaisait le monde et on se disait que ce serait génial d’emmener tout le monde sur les routes, comme un cirque, faire une grande tournée. Mais cela impliquait de gros moyens. C’est Claude Cyndecki de Cheyenne prod, notre producteur, qui a dit banco. Et, je dois dire que ce spectacle est au-delà de ce qu’on avait imaginé au départ. »
Vincent : « Du coup, le bouche à oreille fonctionne très bien. La tournée était programmée jusqu’en avril mais nous avons déjà prévu de nouvelles dates. On va donc tourner " Grandeur Nature " jusqu’à la fin 2016. Peut-être plus. »

Vincent : « C’est le caractère exceptionnel du spectacle qui fait causer donc les médias s’intéressent à nous. Il y a quelques jours, nous avions une équipe de l’émission " 50 minutes inside " qui nous a suivis. Nous sommes passés chez Drucker, on a enregistré plusieurs émissions avec Patrick Sébastien, on a fait le JT de TF1, des pages dans Paris Match, dans Gala ! Si, un jour, on m’avait dit que les Bodin’s seraient dans Gala, je n’y aurais pas cru une seconde. »
Jean-Christian : « Nos personnages nous échappent. Ils sont plus forts que nous. Chez Patrick Sébastien, on devait rester quelques minutes à la table avec les invités. Et puis, c’est parti ! Nous sommes restés plus d’une heure trente. Il nous a fait confiance et nous a réinvités sur d’autres émissions. »
Vincent : « On voit les Bodin’s à la télé, dans les journaux. Mais on ne connaît pas nos têtes à nous, à Jean-Christian et à moi. Le lendemain d’une télé, on peut prendre le train, nous n’allons pas être embêtés. Nos personnages sont connus. Pas nous. Et c’est un vrai confort. Le succès nous tombe dessus à 50 ans, donc, on ne va pas péter les plombs. On ne prend que le bon côté. Ca fait 23 ans qu’on fait ça. On a toujours rempli des salles, plus petites, mais on les remplissait. »

Jean-Christian : « On jouait à Rennes, le soir du 13 novembre. Nous avons appris les nouvelles, après le spectacle. On rejouait le lendemain. Bien sûr, il a fallu attendre les consignes de sécurité. Mais on a joué et les gens étaient présents. Nous avons fait le spectacle devant 3.000 personnes. Et c’était très fort. »
Vincent : « Nous avons fait une minute de silence et dit quelques mots. Pendant trente secondes ensuite, on a senti quelque chose de très fort, qui fait presque peur, tellement c’était pesant. Et puis, on a joué et on a senti le bouchon sauter. Les gens rigolaient encore plus. C’est dans des moments comme ceux-là qu’on se rend compte que les gens ont besoin de rire. Ces derniers temps, on est plus des aides-soignants que des stars (rires). »
Jean-Christian : « Nous nous sommes posé des questions. Dans des moments si difficiles, c’est presque déplacé d’aller jouer. Mais on a bien fait. »
Vincent : « Il ne faut pas trop s’écouter, en fait. Quand il se passe des choses aussi graves, en tournée, tu n’as qu’une envie, c’est de rentrer chez toi, de retrouver ta famille, tes enfants, protéger les tiens. Mais il faut continuer à faire rire. C’est notre métier. »

Vincent : « Ah oui, de plus en plus. Et les gens adorent ça. »
Jean-Christian : « C’est par petites touches. L’autre jour, on a sorti un truc sur Tapie, la Cop 21, le moteur Volkswagen. Mais ce n’est pas de l’impro. On se concerte l’un l’autre, le plus souvent. Parce qu’il faut que ça tombe au bon moment ; sinon, ce n’est pas drôle. »
Vincent : « On est des besogneux, tous les deux. Nous aimons préparer les choses. Mais, parfois, ça sort tout seul. Nous sommes surpris par nos personnages. Souvent, je me demande ce que dirait la Maria sur tel ou tel sujet. Sur les attentats, par exemple ! Elle a sa façon de voir le monde assez vindicative. Elle ne se laisserait pas faire. Alors que moi, j’ai plutôt été éduqué pour prêcher la paix. Je suis plus calme. C’est dur alors de parler de l’actualité. »