Les Bodin’s, le grand retour !

Le Populaire du Centre


9 février 2013

Le Populaire du Centre

Présenté jeudi et vendredi à l’Opéra-Théâtre, le dernier spectacle des Bodin’s est une réussite.


Il y a dans tous les hameaux , dans les familles, dans notre proche entourage, ou dans nos mémoires un Bodin qui sommeille. Qui n’a pas un jour croisé une mère possessive prête à toutes les roublardises pour garder son gamin auprès d’elle ?

Dans ce spectacle, Christian le fils de Maria, qui a passé la cinquantaine, rend visite à sa mère pensionnaire d’une maison de retraite médicalisée. Installé à Paris avec son épouse et ses enfants, il a du mal à couper le cordon ombilical. Et chaque fois qu’il revient en Touraine pour faire une bise à sa maman, cette dernière le culpabilise, lui fait des scènes terribles et fait passer sa échanceté pour un symptôme de la maladie d’Alzheimer.

Les Bodin’s, Vincent Dubois et Christian Fraiscinet, savent se renouveler.

À chaque spectacle, l’histoire évolue. Depuis 1994, date où ils ont créé leur duo comique, ils ne cessent de faire évoluer leurs personnages. Et ils prennent de l’épaisseur. Les textes sont efficaces, désopilants.
Et le spectacle, découpé en séquences, est conçu comme un feuilleton.

Depuis qu’ ils ont adapté leurs aventures au cinéma, les deux artistes ont modifié leur façon d’écrire. Les répliques sont courtes, les expressions, très imagées, fusent comme des tirs de fusil à un balltrap.

Sauf que là, les soucoupes visées viennent de partout. Hommes politiques, milieu médical, législateurs en tout genre, informaticiens, notables, notaires, tout le monde se fait tailler, exploser. Et les rires aussi explosent.

À ceux qui se demandent s’ils n’ont pas épuisé leurs ressources, Vincent Dubois et Christian Fraiscinet coupent la chique. Un seul défaut ! Leur spectacle est long ! On se serait volontiers passé de la dernière séquence, comme celle de la boîte de nuit. Mais c’est çà les Bodin’s. Il y a du bon, du moins bon, mais lorsqu’on fait la moyenne, c’est le sentiment de bonheur qui l’emporte. ■