Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet : Les Bodin’s prennent la route

France Dimanche


2 novembre 2015

France Dimanche

Pas moins de dix semi-remorques pour transporter le décor de leur spectacle des Bodin’s “Grandeur nature”, qui fête ses dix ans en faisant le tour des Zénith de France avec Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet.


Sur le parking du Zénith d’Orléans, dix semi-remorques sont alignés. À les voir, on devine qu’une grosse attraction est en ville : Holiday On Ice ? Madonna ? Non, les Bodin’s ! Venue nous accueillir à l’entrée, Caro, la directrice de production, est hilare : « Johnny vient chanter ici lundi et il utilise moins de matériel que nous ! »

Pour fêter leurs 20 ans et les 10 ans du spectacle Grandeur nature, les Bodin’s (Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet) ont frappé fort, avec une tournée dans les plus grandes salles de France. Pourquoi s’en priveraient-ils ?

En huit représentations, ils sont devenus un phénomène. Plus d’un million de fans ont vu ce duo comique sur scène, les DVD se vendent comme des petits pains et, en 2008, Mariage chez les Bodin’s a été le deuxième film le plus rentable en France, après Bienvenue chez les Ch’tis !

« Nous voulions fêter l’anniversaire de Grandeur nature, explique Jean-Christian Fraiscinet, qui nous reçoit dans sa loge. C’est un gros défi et nous avions les chocottes. »

À 50 ans, il interprète le fils Bodin, Christian, un vieux garçon lunaire. À ses côtés, son complice Vincent Dubois, alias Maria Bodin, une paysanne de 86 ans, sorte de Ma Dalton coiffée d’un fichu !

« Pour mettre toutes les chances de notre côté, on s’est donné les moyens, poursuit Jean-Christian. Une cinquantaine de figurants et huit comédiens [dont sa femme et ses deux frères, ndlr] travaillent sur ce show. Pour le grand écran, on s’est offert les services de l’équipe vidéo de Johnny et du chef décorateur de Luc Besson. Quant au directeur technique, il a travaillé sur Le roi lion et Notre-Dame de Paris. C’est un vrai cirque qui se déplace ! »

L’équipe compte aussi un spécialiste animalier chargé de gérer cochons, chèvres, chien, âne et poules. Le but est de reproduire la ferme des Bodin’s grandeur nature, qu’ils jouent chaque mois de juillet en plein air à Descartes (Indre-et-Loire), le fief des Bodin’s. Il y a même des diffuseurs d’odeurs !

D’ici avril 2016, plus de 80 dates sont prévues à travers la France et 3 500 personnes sont attendues chaque soir. La tournée se poursuivra ensuite de septembre à décembre 2016. Qu’elles paraissent loin les 115 places du Point virgule, à Paris, où Vincent a commencé en 1989 !

« J’ai créé le personnage de Maria seul, se souvient le comédien de 51 ans. Puis, en 1994, j’ai rencontré Jean-Christian, et nous avons décidé de donner un fils à la vieille. » Une vieille inspirée par une certaine Maria Bonnin… Une mamie de 80 ans, au caractère bien trempé, qu’il avait soignée, après un accident de Solex, alors qu’il était ambulancier.

« Il y a aussi un peu de ma grand-mère dans ce personnage, ajoute Vincent, papa de Fanny (21 ans) et Camille (15 ans). J’ai de la tendresse pour les dames de cette génération. Ce sont de sacrées bonnes femmes ! »

Pendant que le cochon Jean-Marie (tous leurs animaux ont des prénoms de politiciens) est conduit sur scène, Vincent accentue les rides de son visage et se colle un magnifique « chtar » sur le nez.

« Les services d’une maquilleuse m’ont été proposés… Je n’en veux pas. Je rentre ainsi mieux dans mon rôle. » Difficile d’imaginer ce grand et beau gaillard, en marcel noir, en Maria édentée et bossue ! « Les gens s’inquiètent beaucoup pour mon dos, mais ça va ! En revanche, je perds 2 kilos chaque soir. »

C’est que, deux heures trente durant, Maria ne s’économise pas ! Cette « Ribéry avec le scorbut » (comme la baptise l’un des personnages) s’échine sur sa machine à fromages, fait des tours de Solex, distribue les coups de canne et brandit sa 22 Long Rifle. Le tout ponctué de répliques cultes : « Le casque, c’est comme le képi, ça empêche le cerveau de se développer » ou bien « Le jour où les cons auront du flair, tu vas trouver des truffes ! »

Les deux complices ont grandi avec les mêmes références : les films d’Audiard et les valeurs rurales de la région Centre-Val de Loire, où Vincent habite toujours. « Des Maria, en Berry et en Touraine, y en a plein ! » Les Bodin’s se sont faits tout seuls, sans passer par le petit écran, grâce au bouche-à-oreille.

« Les gens de la télé avaient peut-être un a priori sur nos personnages », avance Jean-Christian. « Mais ça change, note Vincent. Nous venons de participer à l’émission Les années bonheur et Patrick Sébastien nous veut “à chaque diffusion !” » « C’est une belle rencontre. Comme nous, il connaît la scène et la France », conclut son compère.

Il est bientôt 20 h et la séance de maquillage n’est pas terminée. Nous quittons la loge à regret, sur cette remarque de Vincent : « On remplit des Zénith et pourtant plein de gens ne nous connaissent pas. Ça donne une belle marge de progression. » Johnny n’a qu’à bien se tenir !

Les Bodin’s sont en tournée jusqu’en novembre 2016.
Réservations sur http://www.les-bodins.fr/Les-Bodin-s-Grandeur-Nature-la-Tournee.html