Bienvenue à la ferme des Bodin’s : veaux, vaches, cochons et vidéos

Le Progrès


25 mars 2016

Le Progrès

Le duo installe sa ferme sur la scène de la halle Tony-Garnier : des animaux, une mare, un jardin et des outils agricoles.
Mais aussi un écran géant de quarante mètres et des effets spéciaux. Entre humour potache et tendre, nostalgie d’une France rurale surannée.


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Maria Bodin accueille le public dans la cour de sa ferme.

© DR

Comme les fans de Johnny vont à Las Vegas, les fans des Bodin’s vont à Descartes, en Indre-et-Loire. Depuis onze ans, des milliers de spectateurs affluent de toute la France pour voir les Bodin’s dans leur “ ferme des Souchons ”. À tel point que le duo a décidé d’emmener sa ferme tout entière en tournée, et de proposer un spectacle à la production démesurée : une ferme sur scène, avec des animaux, des plantations, une mare, des autos et mobylettes et toute une série d’effets spéciaux. Avec les Bodin’s, c’est Las Vegas qui vient à vous…

Dès l’installation dans les travées du public, on comprend que l’on va assister à un spectacle différent. Les odeurs, les bruits, le décor, tout nous ramène à la campagne. Même l’écran géant qui surplombe la scène va accentuer cet effet. On voit le facteur partir de la ferme et sillonner, via l’écran, les routes du village. A un moment du spectacle, on verra même les gendarmes arriver…

« Il a fallu tout reconstruire en décors et puis on emmène tous les animaux, le potager, la mare… C’est assez gigantesque, on a dix semi-remorques de matériel, il faut quinze heures pour tout monter. Et comme les gens connaissaient bien le spectacle de plein air, il a fallu apporter quelque chose en plus. On a un énorme écran de quarante mètres par quinze de haut, qui représente la campagne alentour, et qui sert aussi dans la mise en scène », explique Vincent Dubois, l’interprète de Maria et coauteur du spectacle.

Politique agricole peu commune

On retrouve donc Maria Bodin et son fils Christian dans leur quotidien. Comme d’habitude, ils ne font rien comme tout le monde : la scène du petit-déjeuner est un moment épique. Puis arrive un courrier qui annonce la venue d’une petite-cousine parisienne, envoyée par ses parents pour une session de rattrapage pédagogique. La belle est une ado qui rêve de gloire et de téléréalité, et qui désespère ses parents. On imagine le décalage entre les aspirations de la jeune fille et la vie quotidienne à la ferme…

Avec les Bodin’s, la politique s’invite aussi à la ferme. Pendant tout le spectacle, les ministres et autres députés ont droit à quelques noms d’oiseaux. 

« Mais quel obsédé ce bouc. DSK descend de la noiraude », lance Maria au début du show. Plus tard, elle demande à son fils : « Va toucher les mamelles à Ségolène pour voir si elle a encore du lait. »

Comme dans tous les spectacles des Bodin’s, il y a un équilibre entre moquerie et tendresse, nostalgie et pantalonnade. Cette fois, il y a aussi un joli équilibre de mise en scène entre bricolage et haute technologie. Entre l’univers suranné de la ferme et les effets numériques qui permettent de s’en extraire.

Outre le fameux duo, plusieurs personnages participent au spectacle. La jolie cousine parisienne, mais aussi les notables du village : le maire, le facteur, les gendarmes… et les partenaires des Bodin’s, puisque la famille s’est lancée dans le commerce, grâce à une machine infernale.

Et puis, il y a les animaux : un âne, un cochon, deux chèvres, quatre lapins, six poules et un chien. Tout ce petit monde joue son rôle à la perfection. 

« Les animaux ont été dressés. Ils ne bougent pas malgré le bruit des applaudissements et les explosions prévues pendant le spectacle » explique un responsable de la production.

THIERRY MEISSIREL